À la famille de Monsieur Freddy Alberto Villanueva (une lettre ouverte de Cravate)

par anya
2008.08.20 - 8:06 AM

Raymond Lambert (cravate)

Montréal, le 11 août 2008.
À la famille de Monsieur Freddy Alberto Villanueva
Ainsi qu'à toute la communauté noire et à ses amis.
Sincères condoléances,
Permettez-moi de vous exprimez mes réflexions sur cette irréparable tragédie de la mort d'un jeune dans la fleur de l'âge, 18 ans seulement.
Les émeutiers de dimanche soir n'ont pas commis l'irréparable, eux, même s'ils se sont fait sermonner tant par les journalistes que par le maire de Montréal, Monsieur Gérald Tremblay. Monsieur Tremblay ce n'est pas son intolérance à la colère compréhensible des émeutiers qu'il devrait manifester dans ce deuil, dont nous sommes tous victime, causé par l'un de ses policiers qui a abattu un jeune de dix huit ans comme on abat un animal. Il serait opportun, prudent, respectueux, important qu'il manifeste son intolérance lorsque l'un de ses policiers se transforme en animal à tête d'homme et devienne bête au point d'abattre un citoyen de Montréal qui était désarmé. Avant de s'en prendre aux émeutiers, Monsieur le maire devrait avoir la morale de sermonner d'abord le SPVM. Les émeutiers n'ont pas commis l'irréparable. Le SPVM a commis l'irréparable et le maire de Montréal n'a pas énoncé qu'il ne tolèrerait pas que des policiers armés de la Ville de Montréal s'en prennent à des citoyens désarmés. Il aurait dû le faire car c'est eux qui ont commis la pire faute, une faute irréparable. À venir jusqu'à maintenant tous les dégâts des émeutiers peuvent être réparés, ils n'ont que brisé du matériel tandis que le policier qui a fait feu à bout portant à détruit une vie et briser la vie de tous les proches de Monsieur Freddy Alberto Villanueva sans possibilité de réparation. À ce que je sache même si nous les croyants avons l'espoir de la résurrection, depuis deux milles ans il n'y en a eu qu'une seule résurrection. Statistiquement parlant ce n'est pas beaucoup. Je déteste les bêtes qui abattent des hommes comme s'il s'agissait d'animaux. J'ai eu une ancienne collègue d'étude, Madame Odette Pinard, qui fut assassiné alors qu'elle était policière. J'ai détesté l'animal à tête d'homme qui l'a tuée comme je déteste aujourd'hui l'animal à tête d'homme qui a enlevé le bien le plus précieux, la vie, à un tout jeune homme, à Freddy Villanueva. Ma colère a grandit jusqu'à la rage quand j'ai appris cette irréparable injustice. Pour un moment j'avais le goût d'arracher les yeux à un policier et ses dents et crier vous nous faites la guerre alors désormais ce sera oeil pour oeil et dent pour dent. J'étais enragé comme une bête et je n'ai pas voulut me laisser être un animal à tête d'homme comme ce policier assassin. J'ai voulu être un homme avec ma douleur. Je n'ai pas voulu sombrer jusqu'à devenir un animal à tête d'homme comme ce policier du SPVM. Je n'ai pas voulu. Par contre je ne souhaite en aucune façon que ce crime reste impuni, que ce crime bénéficie d'un généreux pardon et de la généreuse miséricorde habituelle des hommes en ce genre de circonstance par le pouvoir judiciaire. Dans ma douleur légitime comme la douleur de tous les émeutiers était légitime, j'ai songé aux grands hommes de la communauté noire dont Monseigneur Desmund Tutu que j'ai rencontré à une reprise. J'ai songé à Martin Luther King. J'avais le goût de lui dire: "Vous avez fait un rêve et moi je fais un cauchemar." Puis j'ai songé à l'inspirant leader sud-africain, Monsieur Nelson Mandela. Je me suis dit ce policier à agit comme Caïn dans la genèse qui s'est laissé aller à la colère en tuant son frère Abel. Je ne veux pas être un Caïn assassin. Je veux être un Abel capable d'aimer un autre humain comme Freddy juste avant de mourir avait été un Abel envers son frère Dany en disant au policier: "Qu'est-ce que tu fais à mon frère?"
Un jour dans le métro je demande à un petit bonhomme nouvellement arrivé ici au Québec de quelle origine il était. Il me répond tout penaud: "Je ne suis pas d'ici." Voyant sa peine sur son visage je lui dis sur un ton interrogatif: "Tu vis ici?" Il répond affirmativement par un signe de tête et je lui dis: "Tu es d'ici maintenant." "Tu es un québécois." À mes paroles le petit bonhomme devint tout souriant sur le champ devant ses parents qui avaient suivit la scène des yeux sans trop comprendre notre dialogue mais qui voyant leur fils sourire me souriaient poliment à leur tour. Freddy aussi était d'ici comme vous tous, comme nous tous, comme le policier Caïn, l'animal à tête d'homme.
Je me souviens d'un gardien d'une rivière à saumon dans ma petite paroisse gaspésien qui avait tué un braconnier. Le gardien et le braconnier vivaient tous les deux dans ma petite paroisse. Un gars de la paroisse avait tué un autre gars de la paroisse pour du poisson. Je n'étais qu'un adolescent et je fis l'erreur de vouloir rester neutre. Quand j'arrivé chez l'oncle de celui qui avait perdu la vie, il s'en fichât de la neutralité que je désirais afficher et il me mis à la porte avec la pinte de lait que je lui livrais puisque je livrais le lait. Ce qui me fit le plus mal c'est que quelqu'un de la paroisse avait tué quelqu'un d'autre de la paroisse. Quelqu'un avait été Caïn et je ne voulais pas être Caïn ni que quelqu'un d'autre soi un Caïn. Je voulais être un Abel et voir les autres en Abel. En Afrique-du-Sud, Monsieur Mandela vit aussi des Caïn parmi son peuple à la solde de d'autres Caïn tué des Abel dans son peuple et le très grand Mandela choisit de s'illustrer en demeurant un Abel parmi les siens pour les siens. Il ne se serait en aucune manière illustré en choisissant d'être un Caïn. Il s'est illustré en choisissant d'être un Abel. Il disait à ses geôliers: "Vous m'avez tout enlevé mais il y a quelque chose que vous ne pouvez pas m'enlever et que je ne vous laisserai jamais m'enlever. Jamais vous m'enlèverez l'amour que j'ai pour les miens." Le jeune Freddy avait lui aussi choisit comme Mandela d'être un Abel. Et sans aucun doute qu'il veut que vous soyez des Abel.
Les médias ont chialé contre les émeutiers. Ils auraient plutôt dus chialer contre les gens indifférents plutôt que contre les gens en colère devant l'injustice d'un québécois qui tue un autre québécois.
J'ai aussi entendu un intervenant communautaire se prononcer sur cette tragédie. Personnellement, je pense que les politiciens devraient tout faire pour fournir un présent et un avenir à tous les Québécois y compris à ceux de Montréal nord sans exception, sans exclusion. Je ne crois pas que mettre un policier, un travailleur social, un psychologue, un psychiatre, un curé à côté d'un jeune que c'est lui procurer un avenir. Mettre un policier, un travailleur social, un psychologue, un psychiatre, un curé à côté d'un jeune c'est lui fournir un surcroît de critiques quand on assure pas son présent ni son avenir. Les jeunes voient bien le bateau de morale de tout ce monde. Toutefois, ils se demandent où est la mer de solutions. Ce n'est pas d'un surcroît de critiques que les jeunes du Québec ont besoin, c'est d'un présent. Et un présent pour les jeunes ça passe par un revenu décent pour les jeunes. Si j'avais omis de mentionner le mérite des jeunes quand j'ai écrie, en 1992, au Secrétaire général des Nations Unies, Monsieur Boutros Boutros Ghali, mon ami pour la vie depuis, je n'aurais jamais réussi à obtenir de l'ONU un constat à l'encontre du Canada sur l'écart grandissant entre les riches et les pauvres. Aujourd'hui j'interpelle les gouvernements, les politiciens pour leur dire que ce que nous voulons ce n'est pas d'un surcroît de critiques, de plus de policiers, de plus de psychologues, de plus de travailleurs sociaux, de plus de psychiatres, de plus de curés, de plus d'intervenants. Ce que nous voulons c'est de plus d'avenir et d'un meilleur présent pour tous les Québécois, pour tous les jeunes du Québec peu importe la couleur de leur peau. Les politiciens laissez-vous interpeller. N'agissez pas comme des petits gars ne se laissant interpeller par quiconque. N'agissez pas comme des Caïn indifférents. Il est grandement temps que vous agissiez comme des hommes, comme des Abel solidaires, comme les grands leaders de la communauté noire que j'ai énumérés qui ont choisi d'être Abel comme la majorité des membres de la communauté noire dans son histoire et comme Freddy l'a été jusqu'à la dernière minute. Au soir du lendemain de la mort de Freddy vous êtes plusieurs Abel à avoir sorti de votre mutisme et je vous en félicite. Les québécois du silence sont devenus de bruyants manifestants. Les québécois de la patience sont devenus impatient. Vous êtes les québécois du silence. Vous êtes les québécois de la patience. Mais vous n'êtes pas des animaux. Les animaux s'entretuent entre eux. Les vrais hommes se parlent entre eux. Et la bonne autorité ne se contente pas de faire la morale. La bonne autorité est morale. Une autorité immorale est une mauvaise autorité. Et même un cheval est légitimé de désarçonner un cavalier trop rude. Quant à Claude Poirier il devrait faire preuve de sympathie et de compassion vis-à-vis la douleur des endeuillés plutôt que de se comporter comme un vulgaire Caïn en traitant les endeuillés de crottés. Votre coeur et votre esprit sont eux-mêmes souvent très crottés Monsieur Poirier. Vous n'êtes pas obligé de nous le rappeler constamment. Allez donc travaillé à un travail ordinaire et astreignant au lieu de vivre en commerçant le malheur des autres au travers des placotages mensongers produit à partir d'un argument véridique que vous édifiez en vérité absolue. Je suis tanné des gens comme vous Monsieur Poirier qui fouille les plus belles actions des Québécois jusqu'à toujours y trouver une vilaine explication. C'est cela qui s'est produit samedi soir. Des jeunes faisaient une belle action. Celle de jouer entre eux. Un policier Caïn en a appelé un et il a fouillé jusqu'à trouver une vilaine explication. Dans les médias d'ici a été commis par des personnages publiques très connus et ayant la côte de popularité un crime contre l'humanité durant des années sans que vous les dénonciez. Au contraire de les dénoncés vous vous en êtes fait leur complice en appuyant leur propos. Le crime contre l'humanité qui a été commis est celui de propagande haineuse. La lutte que je mène ici depuis des années sans visibilité pour les miens, mes perles comme j'aime à le dire je vais la continuer. Quant aux individus ayant commis ce crime contre l'humanité ici je vais demander qu'ils soient traduit en justice devant les instances internationales. S'ils ont choisi d'être des Caïns ce n'est pas la faute d'aucun québécois. C'est leur faute. Je m'excuse auprès de la famille de Freddy si certains de mes propos purent paraître déplacer. Mais voyez-vous je pense que Freddy était une perle et où quelle se trouve une perle s'appelle une perle alors il est encore et pour toujours une perle même si les Caïn de pourceaux n'en ont que faire. Le coeur des jeunes de la génération d'aujourd'hui brûle autant que celui de la vieille génération de vivre et d'être heureux. Le coeur de Freddy brûlait lui aussi de vivre et d'être heureux. Et je suis sûr que le coeur de sa famille, de ses parents, de sa soeur, de son frère, de ses amis brûle encore de vivre et d'être heureux comme le coeur de milliers de québécois brûle de vivre et d'être heureux.
Je vous réitère mes sincères condoléances au nom de tous les québécois du silence et de la patience.
Bonne Vie

Raymond Lambert

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