U-mains...
Je pris un wagon de métro, une fois, qui était complètement vide, sauf un pauvre homme moyen-âgeux, assis tout seul dans son coin, le regard par terre...
Je fis ni une ni deux, je suis allé m'asseoir immédiatement à côté de lui...
Je fis à la hauteur... Lorsqu'une personne seule veut vivre, je me jette à l'eau, mais je ne sais pas nager... La solitude, je connais, je fonce, mû par mon instinct égoïste de conservation, près du périmé...
Je suis resté ainsi, un petit moment, établissant chez lui une certaine gêne...
Il y avait de la place partout ailleurs, pourtant, alors, pour lui, c'était personnel, une situation humainement insoutenable...
Je m'accrochais, tant bien que mal...
C'était ÇA... Vous voyez ? ÇA !
Il fit alors quelque chose de très beau, de très bas-peuple, pour me remettre à ma place...
Il sortit une photo de son portefeuille, celle de sa femme, et me la fit voir, pour faire connaissance...
- Ça, c'est ma femme... Hein ?
Pathétique...
- Formidable, dis-je, les larmes aux yeux, ému, en pensant à autre chose... Vous faites l'élevage ?
- Hein ? Non !?
Heureusement que j'étais arrivé, parce qu'on s'était tout dit, et on avait atteint un point de non-retour dans les confidences, ça ne pouvait difficilement aller plus loin, à cause des embouteillage intérieurs aux heures de pointe...
- Avant de vous quitter, dis-je, je vous laisse mon numéro de téléphone personnel... Si vous vous sentez mélancolique, vous savez, la nuit, je suis d'une grande oreille, un aidant naturel, quoi...
(voir blogue : Oui... Allo ?)
- Merci...
En rentrant, je me suis rassis à côté d'un homme bien, je veux dire, qui m'inspirait confiance en moi... Il parût mal à l'aise, gêné, dérangé, le wagon était parfaitement vide, alors, il m'a gueulé :
- Allez vous asseoir ailleurs, vous voyez bien pourtant qu'il y a de la place partout ailleurs !!!
C'est la gêne, à cause du contact humain...
Une autre fois, dans le même ordre d'idée, nous sommes entrés en même temps, un inconnu et moi, dans un wagon encore dénué de vie, et nous sommes assis un à côté de l'autre, sur un banc double... J'ai hésité un moment, à cause de ma faiblesse... On ne répète jamais assez que la faiblesse est une force extraordinaire, et qu'il est plus que difficile de lui résister... Nous avons tenu le coup tant que possible, puis, d'un coup, on s'est levé en même temps, et allé s'asseoir à des places séparées...
À la sortie du métro, la correspondance ne me jetta pas par terre, et me garda à la main, sachant fort bien que je traversais des moments difficiles...
Nous crevons tous de faiblesse, ça permet l'ESPOIR... La force n'a jamais rien inventé, parce qu'elle croit se suffire à elle-même... C'est toujours la faiblesse qui a du génie... Quand ma faiblesse murmure, je lui fais entièrement confiance, croyez-moi...
Les psy vous diront que c'est parfaitement normal de se sentir tout seul dans un agglomérat, lorsqu'on a 3 millions de personnes ambulantes autour de vous...
Quand on est dedans, on ne peut être dehors...
Mon problème, principalement, n'est pas tellement mon CHEZ-MOI, mais plus la RUE, mon chez-les-autres... Ainsi, il y a 3 millions d'usagés dans la région montréalaise, rien de neuf en perspective, et on les sent bien, EUX, qui ne sont PAS LÀ, mais moi, j'ai l'impression constante qu'ils sont 6 milliards qui ne sont PAS LÀ...



Wowwwww!!!
Bravo, bravo et encore bravo pour ce texte! Les "U-mains" si bien exprimé. Ces "U-turns" humains si patéthiques parce que la vie nous apprend à se passer des autres, c'est la plus grande source de détresse, de faiblesse de notre humanité! Tu l'as tellement bien exprimé! Franchement, il est magnifique ton texte Dave ! Je vais presque te chicaner :- D (L) si tu n'as pas été voir un éditeur avec tous tes textes ! Cognes aux portes!:- D
HUG
Myriam
« Une perle est un temple édifié par la douleur autour d'un grain de sable. » Khalil Gibran
Salutation Yakob
Bravo pour ce texte. C’est vrai que même dans une grande ville on ce sens seul. Je ne prends pas le métro souvent. La dernière fois, ce fut l’été passé et j’ai été témoin dans le métro d’une vieille dame qui montait les escaliers avec un panier d’épicerie sur roulette très tranquillement et péniblement, à toutes les marches, elle arrêtait pour souffler. Les gens passaient et personne pour l’aider, elle passait inaperçu de tous. Cela ma attristé. Elle ma rendu un sourire après l’avoir aidé, je fus heureux.
Durant cette même journée, j’ai eu l’audace de dire bonjours à un chauffeur d’autobus et merci à la sortie, il avait l’air très surpris…
Bonne fin soirée.
L'Inhumain parla de sa franche vérité....
Et MES mots disparurent en petites et grosses bulles qui explosent... parce qu'ils ont des absences, parfois, MES mots... C'est ce qu'on appelle communément ne plus savoir que dire! (Parce que tout a été si bien dit, déjà ..!)